La grille salaire métallurgie 2026 fixe le plancher de rémunération annuelle de chaque emploi de la branche, de l’opérateur à l’ingénieur. Pour un candidat, elle ne dit pas ce que vous valez sur le marché, mais elle dit ce qu’un employeur ne peut pas vous proposer en dessous. Voici comment la lire, vérifier votre classe et vous en servir pour négocier.
Ce qui a changé avec la convention collective unique
Depuis le 1er janvier 2024, la convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 remplace environ 80 conventions et accords qui coexistaient jusque-là, selon Légisocial. Les anciens coefficients (170, 215, 285, 365…) et les positions cadres ont disparu au profit d’une grille unique.
Le principe central, rappelé par la fiche pratique Syndex : c’est le poste qui est classé, pas la personne. Chaque emploi est coté sur six critères (complexité de l’activité, connaissances, autonomie, contribution, encadrement et coopération, communication), chacun noté de 1 à 10. Le total des points place l’emploi dans l’une des 18 classes réparties en 9 groupes, de A à I.
Conséquence directe pour vous : deux techniciens au même diplôme peuvent relever de classes différentes si leurs postes n’ont pas le même périmètre. À l’inverse, un autodidacte qui tient un poste exigeant doit être classé selon ce poste.
La grille salaire métallurgie 2026 classe par classe
L’avenant signé le 20 février 2026 par l’UIMM, FO, la CFE-CGC et la CFDT revalorise la grille de 0,86 % en moyenne, avec effet au 1er janvier 2026. Il a été étendu par arrêté du 20 mai 2026, publié au Journal officiel le 5 juin 2026 (Éditions Tissot). Les montants ci-dessous sont des minima annuels bruts pour 35 heures hebdomadaires, tels que publiés dans la note UIMM sur les SMH 2026.
| Classe | SMH annuel brut 2026 | Statut |
|---|---|---|
| A1 | 21 980 € | Non-cadre |
| A2 | 22 100 € | Non-cadre |
| B3 | 22 710 € | Non-cadre |
| B4 | 23 620 € | Non-cadre |
| C5 | 24 510 € | Non-cadre |
| C6 | 25 780 € | Non-cadre |
| D7 | 26 680 € | Non-cadre |
| D8 | 28 700 € | Non-cadre |
| E9 | 30 760 € | Non-cadre |
| E10 | 33 970 € | Non-cadre |
| F11 | 35 200 € | Cadre |
| F12 | 37 000 € | Cadre |
| G13 | 40 350 € | Cadre |
| G14 | 44 250 € | Cadre |
| H15 | 47 380 € | Cadre |
| H16 | 52 370 € | Cadre |
| I17 | 59 720 € | Cadre |
| I18 | 68 450 € | Cadre |
Le statut cadre commence au groupe F : les classes F11 à I18 sont des emplois cadres, comme le rappelle Juritravail. Pour situer quelques métiers que nous recrutons, un technicien de maintenance confirmé se situe souvent dans les groupes D ou E, un technico-commercial autonome en E ou F, un ingénieur d’affaires en F ou G. Ce ne sont que des repères : seule la cotation de votre poste fait foi.
Trois pièges à connaître avant de comparer votre salaire
Les premières classes passent sous le SMIC
Le SMIC a été revalorisé de 2,41 % au 1er juin 2026, à 12,31 euros bruts de l’heure, soit 1 867,02 euros bruts par mois pour 35 heures (info.gouv.fr). Sur douze mois, cela représente environ 22 404 euros : les classes A1 et A2 se retrouvent donc sous le salaire minimum légal, qui s’applique en priorité. Le SMH n’est pas un plancher absolu, c’est le SMIC qui l’est.
Les forfaits sont majorés
Si vous êtes au forfait, le minimum n’est pas celui de la grille de base. La note UIMM prévoit une majoration de 15 % pour un forfait annuel entre 1 607 et 1 767 heures, et de 30 % pour un forfait entre 1 767 et 1 927 heures ou pour un forfait en jours. Un cadre classé F12 au forfait jours ne peut donc pas être payé moins de 48 100 euros bruts par an (37 000 euros majorés de 30 %).
Les jeunes cadres du groupe F ont un barème spécifique
Pendant les six premières années d’expérience professionnelle, les classes F11 et F12 bénéficient de minima réduits. En 2026, un débutant de moins de deux ans d’expérience a un minimum de 28 430 euros en F11 et 29 940 euros en F12, puis 29 852 et 31 437 euros entre deux et quatre ans, et 32 240 et 33 952 euros entre quatre et six ans.
Vérifier votre classe en cinq étapes
- Retrouvez votre classe sur le bulletin de paie : elle doit y figurer (par exemple « D8 ») à la place de l’ancien coefficient.
- Demandez votre fiche emploi : c’est elle qui décrit le poste coté. Vérifiez qu’elle correspond à ce que vous faites réellement.
- Calculez votre rémunération annuelle brute sur l’année civile, en incluant les éléments versés régulièrement, puis comparez-la au SMH de votre classe, majoré si vous êtes au forfait.
- Isolez la prime d’ancienneté : pour les groupes A à E, elle est due après trois ans dans l’entreprise et calculée sur quinze ans au plus, à partir d’une valeur de point et d’un taux propre à chaque classe (Légisocial). Les cadres n’y ont pas droit.
- Notez les écarts entre missions réelles et fiche emploi : ce sont vos arguments pour une revue de cotation.
Négocier un nouveau poste : la grille n’est qu’un plancher
Dans les chasses que nous menons sur des profils techniques et commerciaux de l’industrie, le SMH est rarement le sujet de la négociation. Les profils recherchés, techniciens de maintenance expérimentés, automaticiens, technico-commerciaux qui maîtrisent leur produit, sont en général rémunérés nettement au-dessus du minimum de leur classe. La grille sert surtout à trois choses.
- Vérifier la cohérence d’une offre : si le poste proposé est présenté comme cadre, il doit être classé en F11 au minimum. Une offre « cadre » rémunérée sous le SMH F11 mérite une question.
- Négocier la classe autant que le salaire : une classe plus haute relève votre plancher pour toute la suite de votre carrière dans l’entreprise, et pèse lors des revalorisations annuelles. C’est un point à faire préciser par écrit dans la promesse d’embauche.
- Comparer des offres sur une base commune : deux propositions au même fixe ne se valent pas si l’une est au forfait jours et l’autre en 35 heures avec heures supplémentaires payées.
Pour la négociation elle-même, appuyez-vous sur votre marché plutôt que sur la convention. Nos repères sur le salaire d’un technicien de maintenance et sur le salaire d’un technico-commercial donnent des ordres de grandeur, et notre billet sur la négociation salariale dans l’industrie détaille la méthode.
Ce que regarde un recruteur au-delà de la grille
Quand nous présentons un candidat à une entreprise industrielle, la question de la classe arrive tard. Ce qui fait bouger une proposition, ce sont des éléments que la convention ne mesure pas : la rareté de votre compétence sur le bassin d’emploi, votre connaissance d’une famille de produits, votre capacité à intervenir seul chez un client, une habilitation ou une langue. Un candidat qui sait formuler ces éléments en termes de résultats obtient plus souvent une classe et un fixe supérieurs qu’un candidat qui se contente de citer la grille.
Gardez aussi en tête que la rémunération ne se limite pas au fixe : part variable, véhicule pour un itinérant, prime d’astreinte, intéressement et participation pèsent dans la comparaison annuelle. Demandez systématiquement une simulation de rémunération globale sur douze mois.
Questions fréquentes
La grille salaire métallurgie 2026 s’applique-t-elle à toutes les entreprises du secteur ?
Oui. L’avenant du 20 février 2026 a été étendu par un arrêté du 20 mai 2026, publié au Journal officiel le 5 juin 2026 : les salaires minima hiérarchiques s’imposent donc à toutes les entreprises de la branche, adhérentes ou non à l’UIMM, avec effet au 1er janvier 2026.
Que se passe-t-il si mon salaire est inférieur au minimum de ma classe ?
Votre employeur doit vous verser un complément pour atteindre le minimum. La comparaison se fait sur l’année : si votre rémunération annuelle brute n’atteint pas le SMH de votre classe, un rappel de salaire est dû. Demandez d’abord le détail du calcul aux ressources humaines avant d’envisager un recours.
À partir de quelle classe est-on cadre dans la métallurgie ?
Le statut cadre commence au groupe F, soit à la classe F11. Les classes F11 à I18 correspondent aux emplois cadres, les classes A1 à E10 aux emplois non-cadres.
Peut-on contester sa classification ?
Oui. La classe dépend de la cotation de votre poste sur six critères, pas de votre diplôme. Si vos missions réelles ont évolué depuis la cotation, demandez une revue de votre fiche emploi lors de l’entretien annuel, en apportant des exemples précis de responsabilités exercées.
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